Atteinte de fibromyalgie: Nathalie Grenier a trouvé son remède
Photo Michel Chartrand
Nathalie Grenier a retrouvé le sourire grâce à la
photographie et à l’Armada. Steeve Gaudreault est heureux de voir sa conjointe
mordre de nouveau dans la vie.
Nathalie Grenier a retrouvé le goût de vivre
depuis que la photographie est entrée dans sa vie, et surtout l'Armada, en
septembre dernier. Elle a suivi l'équipe sur la route et ses photos font le tour
des joueurs à travers la ligue.
Sujets :
En 2000, la Mirabelloise était une femme très active œuvrant
dans le domaine de l'automobile. Chaque jour, pour se rendre au travail et
revenir à la maison, elle marchait 25 minutes. «J'ai toujours aimé marcher
et courir», mentionne-t-elle.
Mais voilà qu'à la fin de l'année 2000, elle éprouve de la
difficulté à se rendre au travail. Elle était épuisée et avait mal aux jambes.
«Le matin, j'avais l'impression qu'un train m'était passé dessus.»
Elle a commencé à se coucher de plus en plus tôt, mais rien à
faire, l'énergie n'est jamais revenue et elle commençait à avoir mal partout.
Deux mois plus tard, elle consulte son médecin qui lui dit qu'elle fait une
dépression majeure. Nathalie n'en croit pas un mot: «J'aimais mon travail et
j'aimais la vie.»
Après un autre mois d'attente, elle consulte un autre médecin
qui lui donne le même diagnostic, mais il la réfère à l'hôpital Douglas où elle
rencontre un psychiatre et un psychologue. Après quelques rencontres, le verdict
tombe, la maladie n'est pas mentale, mais bien physique.
D'autres examens sont nécessaires pour trouver la cause
exacte. Elle rencontre donc un neurologue et un rhumatologue, elle passe un
scan, un test à résonance magnétique et c'est en 2003 qu'elle apprend qu'elle
devra composer avec la fibromyalgie pour le reste de sa vie.
La sédentarité nocive
Sortir était devenue difficile puisqu'elle avait peine à
marcher et bouger. La sédentarité a donc fait son entrée dans la vie de
Nathalie, ce qui a amené des troubles de panique et de l'anxiété.
Ne voulant pas prendre de médicaments pour ses problèmes
psychologiques, elle a consulté un psychologue qui l'a aidée à vaincre ses
crises de panique. «J'ai recommencé à fonctionner malgré la douleur, mais je
devais gérer l'anxiété. De plus, je suis orgueilleuse et je ne voulais pas qu'on
me voie dans cet état, donc je ne sortais plus.»
La photographie guérisseuse
Nathalie avait fait de la photographie, étant plus jeune, et
n'avait jamais vraiment arrêté, sauf qu'elle n'en faisait pas beaucoup
puisqu'elle avait le moral à zéro.
C'est en voyant les photos de ses amis sur Facebook qu'une
étincelle a rejailli en elle: «Je voulais sortir pour prendre des photos et,
petit à petit, je me sentais revivre. Cet été, un ami m'a demandé de prendre des
photos de ses matchs de hockey amicaux au Centre d'excellence Sports Rousseau.
C'était presque un miracle que je réussisse à rester debout pendant deux heures
et de me retrouver dans un endroit public sans anxiété. Je ne remercierai jamais
assez cet ami.»
L'Armada fait son entrée
Son conjoint des 12 dernières années, Steeve Gaudreault,
entend parler de l'arrivée d'une équipe junior dans le coin, plus précisément à
Boisbriand. Le couple va donc voir un match hors concours et rapidement, ils y
prennent goût.
«Au début, on allait voir les matchs, mais je ne prenais
pas de photos, a-t-elle indiqué. C'est quand nous sommes allés à
l'extérieur que j'ai commencé à prendre des photos et à les mettre sur
Facebook.»
Rapidement, les joueurs l'ont remarquée et lui ont fait des
demandes de photos. «Quand je vais sur la route, je mets mon chandail afin
que les joueurs sachent que je suis là, surtout dans la période
d'échauffement», dit-elle.
En tout et partout, elle a visité 11 amphithéâtres et elle
ajoutera Rimouski et Québec à sa liste d'ici la fin de la saison. Seuls les
arénas du Cap-Breton, de Saint John et de l'Île-du-Prince-Édouard n'en seront
pas.
La dernière semaine a été longue pour Nathalie, puisque
l'Armada a disputé quatre rencontres en cinq soirs dans les Maritimes et, comme
elle avait déjà un engagement, elle n'a pu s'y rendre.
De fil en aiguille, elle s'est attachée aux joueurs:
«J'ai une admiration pour ces jeunes hommes qui ne gagnent pas des millions
comme dans la LNH, mais qui s'imposent une routine de vie assez
sévère.»
Quand William Racicot a été échangé aux Screaming Eagles du
Cap-Breton, elle s'est rendue à Acadie-Bathurst et Moncton pour prendre des
clichés de ses premiers coups de patin avec sa nouvelle formation.
«Disons que depuis septembre, je vais très bien. J'ai mal
au dos depuis deux semaines, mais je ne laisserai pas la fibromyalgie contrôler
ma vie. Rien ne va m'empêcher de prendre mes photos.»
Malgré tout, elle ne se considère pas comme une vraie partisane de
l'Armada!



