En France, un rapport de l’Académie Nationale de Médecine de 2007 a permis de cerner cette pathologie encore controversée sur ses bases physiopathologiques.
En 2010, la Haute Autorité de Santé (HAS) a proposé une mise au point à l’intention de l’ensemble du corps médical où la place de la prise en charge non médicamenteuse apparaît primordiale ainsi que son traitement psychosocial.
Généralités
Le FMS est un syndrome et non une maladie en raison de l’absence de cause connue à ce jour.
Le FMS peut être « pur » c'est-à-dire isolé (FM primitive) et le diagnostic en est plus aisé, facilité par de nouveaux outils (définition ACR 2010 excluant les points fibromyalgiques de Yunus au profit de zones douloureuses, indice FIRST du CEDR, sous groupe de recherche sur la douleur de la société Française de Rhumatologie : SFR).
La FM est considérée comme « secondaire », lorsqu’elle est associée à une autre pathologie rhumatismale inflammatoire : Polyarthrite rhumatoïde (PR), Spondylarthropathies Ankylosantes (SA), Syndrome Sec dit de Gougerot-Sjögren, Rhumatisme psoriasique(RP), Maladie de Crohn… de diagnostic alors délicat pouvant fausser les indices d’activités de ces maladies (DAS 28, Basdai ou ASDAS…)
Alors que des syndromes fibromyalgiformes sont des diagnostics différentiels : diabète phosphoré, hypothyroïdie,.. ou induits par des traitements (iatrogènes) comme les statines ou les anti-aromatases.
Le FMS est hétérogène et protéiforme. Sur une base commune de douleurs diffuses de sévérité variable et fluctuante dans le temps et selon de nombreux facteurs environnementaux physiques psychiques et climatiques, le patient peut présenter de nombreuses plaintes diverses et même des syndromes associés de type syndrome des jambes sans repos (SJSR), syndrome algodysfonctionnel de l’articulation temporomandibulaire (SADAM), syndrome d’apnée obstructive du sommeil (SAOS)…et un état anxiodépressif, le plus souvent réactionnel.
Ce qui fait que la prise en charge thérapeutique peut être volontiers pluridisciplinaire mais toujours au cas par cas individualisée et ajustée aux fluctuations symptomatiques.
Traitements pharmacologiques
CLASSIQUES
Antalgiques : médicaments dévolus au soulagement des douleurs par excès de nociception.
Paracétamol : Antalgique de niveau 1 OMS (non opioïdes)
Dénommé acétaminophen aux USA, le paracétamol est l’antalgique le plus sûr, autorisé même pendant une grossesse… mais pas exempt de rares effets secondaires (allergies cutanées, thrombopénies…), de réactions croisées (AVK à doses fortes, AINS… ) et de contre indications(Insuffisance hépatique, antécédent d’hypersensibilité…). La posologie chez l’adulte est de 1 g par prise et 4 grammes maximum par jour, 60 mg/kg/j chez l’enfant.
Le paracétamol renforce l’efficacité du tramadol…
Tramadol : Antalgique de niveau 2 OMS (opioïdes faibles)
Cet antalgique central Inhibe le recaptage de la noradrénaline et de la sérotonine en plus de son activité opioÏdergique (agoniste µ). Sa forme orale à libération immédiate (LI) ou prolongée (LP) est recommandée par EULAR 2006 en première intention dans le syndrome FM.
Morphine : Antalgique de niveau 3 OMS (opioïdes forts)
Sous forme chlorhydrate à LI ou sulfate (LI et LP), les opioïdes forts exposent aux risques de dépendance physique et psychique (addiction) mais aussi d’accoutumance (perte d’efficacité lors de prises prolongées nécessitant une augmentation de doses pour un effet équivalent. Leur utilisation repose sur des recommandations (Limoges en France) (annexe1) justifiant une stricte sélection des patients susceptibles de bénéficier de cet antalgique le plus puissant ( mais pas efficace sur toutes les douleurs) et un suivi régulier avec véritable contrat moral d’objectif à court terme. En général, non recommandé dans la FM.
Autres antalgiques :
Opioïdes faibles à base de codéine seule (dihydrocodéine : Dicodin°) ou plus souvent associée au paracétamol (Codoliprane° (20 mg codéine) Lindilane° (25 mg codéine) dafalgan codéine°(30 mg codéine) …dose quotidienne maximale autorisée chez un adulte : 180 mg (6mg/kg/j pour un enfant).
Autre association antalgique de niveau 2, la Lamaline° avec sous forme orale 300 mg de paracétamol, 10 mg de poudre d’opium et 30 mg de caféine et sous forme suppositoire 500+15 + 50.
Floctafénine (Idarac°, comprimés à boire dissous dans de l’eau) cousin de la «célèbre» glafénine (glifanan°) retiré du marché malgré son efficacité antalgique en raison des nombreuses intolérances allergiques. Mal connu et sous utilisé malgré un meilleur indice SEA (efficacité sécurité antalgique), incompatible avec les bétabloquants.
Néfopam (Acupan°), injectable IV en perfusion lente ou IM profonde, antalgique non morphinique, n’est pas indiqué au long cours et expose au risque de pharmacodépendance. Tolérance médiocre avec effets anticholinergiques induisant sueurs, vertiges, nausées… mais aussi atropiniques : malaises, palpitations, tachycardie, sécheresse buccale, excitabilité, irritabilité…
Buprénorphine (Temgésic sublingual° 0,2 mg, est un antalgique de niveau 2+ OMS dose dépendant à effet plafond prescrit sur ordonnance sécurisé bien que classé Liste 1, afin d’éviter un mésusage. Les mêmes réserves sont appliquées à ce médicament que pour les opioïdes forts du moins à des doses supérieures à 0,6 mg /j sans dépasser 3 mg/j.
Anesthésiques :
Procaïne (Procaïne°), Lidocaïne (Xylocaïne°, Mesocaïne°)… Marcaïne pour une forme prolongée. Uniquement en traitement local injectable des points douloureux et contracturé par et sous la responsabilité de médecins expérimentés. L'utilisation des anesthésiques locaux du groupe ester est susceptible d'entraîner une réaction allergique avec risque de choc anaphylactique.
Récemment la lidocaïne est utilisable en emplâtre d’hydrogel (Versatis°) hors AMM (Douleurs post-zostériennes). Les effets indésirables le plus fréquemment rapportés sont des réactions locales au niveau du site d'application : érythème, rash, prurit, sensation de brûlure, vésicules, dermatites.