Il consiste à palper le patient, et plus exactement à effectuer une pression à l’aide d’un doigt sur certains points de l’organisme dont la localisation est bien précise. Ces zones portent le nom de points de Yunus. Cette pression ne doit pas dépasser 4 kg par centimètre carré (correspondant au blanchiment de la partie située en dessous de l’ongle du doigt de l’examinateur).Les points où doit s’exercer la pression du pouce de l’examinateur sont les suivants (il s’ agit de 9 régions bilatérales du corps) :
- Occiput à l’insertion des muscles sous occipitaux (base du crâne)
- Bord supérieur du muscle trapèze
- Zone située entre la cinquième et sixième côte (en avant)
- Omoplate (bord interne)
- Articulation entre la deuxième côte et le sternum
- Coude
- Fesse (partie supérieure et externe de la fesse)
- Hanche (trochanter)
- Intérieur du genou
Le nombre des zones douloureuses est variable selon l’état psychologique et somatique (organique) du patient. Ainsi, en cas de fatigue, de manque de sommeil, ces points sont susceptibles d’être plus nombreux.
Par comparaison, certaines zones ne sont pas douloureuses. Il s’agit entre autres du front, de l’avant-bras et de l’avant de la cuisse. Le reste du corps ne présente pas d’anomalie. Les articulations sont indemnes, les chevilles ne sont pas gonflées (ou bien il agit d’une autre maladie).
L’examen clinique des autres parties du corps ne montre aucune anomalie (articulations, os, muscles, ligaments, aponévroses, peau, etc…).
L’examen neurologique concernant le système nerveux central est normal.
Par contre en ce qui concerne le système nerveux neurovégétatif (sympathique et parasympathique : système nerveux autonome) il n’est pas possible d’en dire autant. En effet, chez certains patients atteints de fibromyalgie on constate que le fonctionnement du système nerveux neurovégétatif est perturbé. L’examen neurologique dans ce cas (il doit être effectué bien entendu convenablement par un praticien averti) est susceptible de montrer une perturbation des tests utilisés pour mettre en évidence un éventuel dysfonctionnement (mauvais fonctionnement) du système nerveux neurovégétatif. Ceci est en faveur d’une fibromyalgie.
En théorie, pour poser un diagnostic de fibromialgie le patient doit se plaindre d’au moins 11 sur 18 points douloureux (critères de l’Américan college of rheumatology) à la palpation (point de Yunus). Néanmoins il ne s’agit pas d’une règle absolue car certains patients, avec moins de points douloureux et plus de douleurs régionales, peuvent être considérés comme susceptibles d’être atteints de fibromyalgie.
À partir de quels critères est-il possible d’avancer qu’un individu ne souffre pas de fibromyalgie ? Les symptômes sont fluctuants chez certains patients alors que chez d’autres la douleur et la fatigue persistent malgré le traitement.
La difficulté essentielle pour avancer un diagnostic de certitude de fibromyalgie réside dans le fait que certains points de Yunus peuvent être plus ou moins sensibles quand on les palpe. Autrement dit chaque personne possède un seuil de douleur différent.
Il existe une technique utilisée pour objectiver cet état de fait. La palpation de certaines zones du corps doit normalement être indolore. Il existe plusieurs zones normalement indolore à la pression : la partie dorsale de la main et plus précisément la dernière phalange du majeur, le front, le tiers moyen de la clavicule, la malléole interne. Si un patient se plaint d’une douleur à ce niveau c’est-à-dire quand on appuie avec un doigt sur une de ces zones, le diagnostic de fibromyalgie doit être remis en cause. Dans ce cas un autre diagnostic doit être envisagé et plus précisément une perturbation psychologique essentiellement ou plus rarement une atteinte du tissu osseux (faire pratiquer dans ce cas, au minimum, une ostéodensitométrie).

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